Aidé une défunte

Les amis de Richard
Lancée le 15 mars 2020

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Fermée depuis le 7 mars 2022

Souvent dans mes billets j’aime avoir recours à l’humour, et parfois à un peu de dérision. Quel que soit le sujet, il y aura toujours un brin de l’un ou de l’autre, ou des deux. Aujourd’hui dans ce billet, il n’y aura ni humour ni dérision. Parce que le sujet est trop sérieux et grave. J’y parle d’immigration, de stress, de dépression, de suicide. Les seuls sentiments qui m’animent alors que j’écris ce billet, ce sont tristesse et incompréhension.

Il y a quelques jours nous avons appris le décès d’un compatriote togolais au Canada, suite à un suicide. Les versions divergent et les rumeurs abondent autour des circonstances. Ce qui est sûr, c’est qu’un mois à peine après avoir atterri au Québec, avec femme et enfants, notre compatriote a choisi de se donner la mort par pendaison. Je suis triste pour sa famille et je ne comprends pas ce qui a pu pousser un père de famille de deux enfants en bas âge à se donner la mort. Le suicide est souvent un geste incompréhensible pour les proches, et plus encore pour les regards lointains. Plus particulièrement chez nous au Togo, le suicide est un tabou dans nos cultures, connues pour être résilientes et imperturbables face aux vicissitudes de la vie. Rares sont les cas de suicide recensés, et je me demande même s’il existe aucune statistique officielle.

Chez nous au Togo, quand on se donne la mort c’est qu’on est faible de nature ou qu’on a perdu la tête. Notre culture, influencée sans doute aussi par la foi chrétienne, n’accorde aucune circonstance atténuante à quelqu’un qui se donne la mort. Tous les honneurs funéraires en grandes pompes, traditionnels chez nous, lui sont refusés. Les églises lui dénient les rites sacrés et l’enterrement se tient au milieu de la nuit. Je me rappelle vaguement d’une fille au collège qui s’est suicidée à cause d’un chagrin d’amour (selon les rumeurs à l’époque). Je me rappelle aussi de la manière hautaine et presque condamnatoire avec laquelle la chose a été prise dans l’école. Ne parlons même pas de prise en charge psychologique des élèves proches de la défunte. L’attitude générale pouvait se traduire ainsi : elle a choisi de mourir et il fallait vite l’oublier. Le suicide est donc très mal vu chez nous.

Dans le cas de notre compatriote, les togolais n’y sont pas allés de mains mortes. Alors que les compatriotes de la diaspora au Canada ont lancé un appel à contribution pour aider sa famille à faire face aux dépenses funéraires, beaucoup d’autres se sont contentés de porter un jugement sur internet. Sans aucune compassion ni considération pour la famille et les proches du défunt, les gens ont enfoncé les clous de son cercueil avant même que ses funérailles ne soient organisées. Faisant circuler sans pudeur des photos de la famille, d’aucun le traitant de lâche, d’autres se demandant ce qu’il y avait de si mal au Togo pour se suicider au lieu de rentrer au pays. S’appuyant sur la thèse, depuis lors réfutée, que son suicide serait dû à un problème de faux papiers, tous ont critiqué sans pitié le défunt. Tous ont fait abstraction des faits réels, et du fait que ces écrits resteraient à jamais gravés sur la toile, servant de rappel perpétuel à sa femme et à ses enfants. Ces spéculations et rumeurs ont apporté un élément de plus au tragique de cette situation. Donc nous avons ouvert une cagnotte pour Venir on aidé a la défunte est c'est enfants on bas âge toute sommes nous sera beaucoup Utile merci au gens qui on participe

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