Le Professeur Hannes Haberl, neurochirurgien à l’hôpital de Bonn est celui qui va pratiquer l’acte chirurgicale appelée la Rhizotomie dorsale sélective non invasive ( ou SDR : Selective Dorsale Rhizotomy).
Le professeur Hannes Haberl a aujourd’hui opéré plusieurs centaines d’enfants depuis 2007.
1. Pourquoi pratiquer cette intervention ?
La Rhizotomie dorsale non invasive est une intervention lourde. Elle vise à réduire la spasticité des muscles en limitant les reflexes automatiques, résultants d’un problème neurologique.
La spasticité est l’une des conséquences désastreuses de la paralysie cérébrale. Elle est responsable de la raideur des muscles et des déformations osseuses orthopédiques souvent très douloureuses qui provoquent des opérations orthopédiques lourdes et qui annihilent toute possibilité de progression motrice de l’enfant.
http://agirensemblecontrelimc.org/wp-content/uploads/2016/11/20161008_115916-1.jpg
2. Les différentes approches
Cette intervention est pratiquée en Allemagne à Bonn et à Berlin (par un élève du Prof. Haberl) mais depuis plus longtemps aux Etats-Unis notamment par le http://www.stlouischildrens.org/our-services/physicians/t-s-park-md – qui a entrainé Prof. Haberl – du Children’s Hospital à St Louis (Missouri, USA). C’est ce dernier qui a mis au point cette technique non invasive. Il a opéré près de 3000 enfants depuis 15 ans. C’est ce médecin qui a le plus de recul et d’expérience concernant la SDR.
Aux US et en Allemagne cette intervention est pratiquée dès le plus jeune âge de l’enfant avant l’apparition des déformations orthopédiques et dès que l’enfant arrive à un certain niveau moteur : marcher seul ou avec une assistance technique. Dans cette optique l’intervention a pour but de libérer l’enfant de la spasticité pour lui permettre de progresser .
L’indication classique a pour but d’améliorer la faculté de marche.
Actuellement une extension de l’indication vers des enfants plus handicapés est en discussion.
Cette intervention existe en France où elle est apparue dès les années 60… mais bizarrement a été presque abandonnée. Mais l’optique serait complètement différente : l’opération est avant tout utilisée en soin palliatif, pratiquée sur des jeunes adultes pour lesquels les médecins se retrouvent dans une impasse thérapeutique, devant des déformations douloureuses contre lesquelles il n’y plus de solution. Les neurochirurgiens Français ne visent donc pas l’acquisition de la marche mais un meilleur confort… Cependant cette position serait en train de changer…
3.Comment se passe cette intervention ?
Le Professeur Haberl nous a expliqué le déroulement de l’intervention qui n’est pas une petite opération, elle dure 4h30 ! 4h30 sur le billard ! Une semaine d’hospitalisation et 6 à 9 semaines de rééducation très intensive, un an de rééducation intense qu’il faut préparer en amont…
Cette opération consiste à ouvrir la colonne vertébrale, là où passent toutes nos informations entre cerveau et muscles sur 7 cm au niveau des lombaires. L’intervention est dite non invasive car le chirurgien n’ouvre la colonne qu’à un seul endroit pour éviter tout risque de scoliose ou de fragilisation de la colonne.
Le chirurgien coupe alors plusieurs épines dorsales puis la dure-mère ( gaine ) et l’arachnoïde de la moelle épinière , il arrive alors sur les fibres nerveuses sensitives et motrices. Il isole les fibres sensitives soigneusement. C’est une étape très importante car en cas de sectionnement par erreur de fibres motrices, plus question de pouvoir marcher !!
Une fois les fibres nerveuses sensitives isolées, le chirurgien va tester les 8 racines de chacune de ces fibres pour sectionner les plus atteintes. En effet, le chirurgien ne sectionne pas toutes les fibres bien sûr mais seulement 50 à 70 % d’entre elles. C’est pourquoi elle est dite sélective.
Une fois le travail terminé, le neurochirurgien referme la dure-mère avec une double suture pour éviter les fuites de liquide céphalorachidien puis il met l’analgésie par voie péridurale, replace les épines dorsales avec une plaque en titane et des vis.
Là encore il y a une différence entre la méthode allemande et la méthode américaine car le docteur Park ne remet pas les épines dorsales en place (sans complications ultérieures apparemment), le professeur Haberl, lui, estime que le fait de couper les tendons du rachis et de ne pas remettre les épines dorsales engendrent des risques d’instabilité de la colonne ou des scolioses.
Après, il referme la peau avec un gel/colle de suture.
Les fibres nerveuses sensitives sont manipulées sous microscopes. Elles sont testées grâce à un EMG .
L’EMG ou Electromyogramme est un appareil qui permet d’enregistrer et d’analyser la conduction de l’influx nerveux dans certains nerfs jusqu’à un muscle. Cette analyse porte sur les nerfs moteurs, sur les nerfs sensitifs et sur les muscles.
Pour que l’intervention soit utile, le professeur a insisté sur la nécessité de faire après l’intervention 6 à 9 semaines de rééducation intensive. En Allemagne les enfants sont pris en charge dans des centres, ce qui n’est pas le cas pour les enfants Français. Il faut donc organiser et préparer cette rééducation très sérieusement, en se rendant dans des centres de rééducation globale en Allemagne, en Pologne… du boulot mais pour l’autonomie de nour sa n’a pas de prix on ce bat pour notre enfant et ce comme n’importe quel parent ! Seul on fait de notre mieux et ensemble on peut y’arriver Alors on compte sur vous, merci pour elle.
Bon courage aux parents et à Nour. J’espère de tout cœur que son état s’ameliore, qu’elle puisse marcher un jour. Qu’Allah vous aide et vous facilite.