Solidarité face à la répression - Drôme Ardèche

Solidarité répression 26 0...
Lancée le 15 juin 2020

411 €

collectés avec 10 participants

A la faveur de la crise sanitaire, le gouvernement français a cherché à imposer une distance sociale entre les personnes en vue d’une désorganisation des différents mouvements sociaux qui secouent notre pays. 

La France avec les superpositions des mouvements : Gilets Jaunes, écologistes, féministes et la lutte unitaire et massive contre la réforme des retraites, était, avant le confinement, traversée de ces sillons de colère et de lutte, qui cherchaient avec détermination à se rejoindre. 

Ne cédant pas à la peur de l’interdiction de se rassembler dans l’espace public, maintenue alors que les centres commerciaux et les parcs d’attraction étaient déjà rouverts, déjà de nouvelles mobilisations ont vu le jour, ayant comme origine la dénonciation des violences policières commises en toute impunité, principalement sur les personnes racisées.

Or cette question des violences policières et de la répression judiciaire, est en train de faire émerger une convergence entre tous ces divers mouvements. 

Un confinement volontairement imposé de manière extrêmement stricte et policiarisée, a réduit de manière drastique notre capacité à nous réunir, pour des rassemblements et actions publiques, mais aussi pour des réunions militantes ou encore pour des moments plus conviviaux (concert, projection, conférence…) visant notamment à la collecte d’argent pour nos luttes et l'organisation concrète de la solidarité. Et si nombre d’entre nous ont été contraints de s’isoler totalement, ou de limiter leurs interactions sociales à des activités économiquement utiles, la machine répressive, elle, ne s’est jamais arrêtée.

Alors qu’il sent approcher l’heure où il lui faudra rendre des comptes, et payer pour des décennies de choix politiques néo-libéraux et brutaux qui ont perpétué le système économique capitaliste, et pour tenter de mater ce peuple qui se lève, le gouvernement a fait le choix d’user de manière systématique de deux des leviers de répression dont il dispose : la répression policière et la répression judiciaire. Visible ou non la violence est présente, quelle que soit ce type de répression. 

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En effet, à la répression policière, succède souvent la répression judiciaire. Depuis décembre 2018, la justice s’est faite le relais de la répression étatique, en condamnant pour l’exemple à des peines lourdes, des Gilets Jaunes, puis potentiellement tous les militants que le gouvernement perçoit comme une menace pour sa politique.

Or, si les violences policières sont souvent commises de façon rapide, localisée, nous prenant parfois au dépourvu, face à la répression judiciaire, nous pouvons nous organiser, et la solidarité fait la différence. Car lorsqu’un militant, novice ou plus aguerri, se retrouve dans les griffes du pouvoir judiciaire, c’est sa vie qui s’en trouve bouleversée. La crainte de l’issue de la procédure judiciaire (l’enfermement, l’inscription au casier, l’amende à payer), mais aussi celle de ne pas réussir à assumer financièrement une procédure judiciaire longue, sont sources de stress, d’angoisse, d’insomnie, de tensions dans les familles ou les couples, de sentiment de solitude.

Même si elle n’atteint pas tous les militants dans leur chair, la répression policière et judiciaire a pour objectif d’atteindre psychologiquement un nombre beaucoup plus important de personnes. En effet, la peur d’être à son tour frappé, d’être mis en garde en vue, de subir une perquisition ou des poursuites abusives, d’être lourdement condamné peuvent conduire légitimement les militants à autocensurer leurs comportements. 

La solidarité vise justement à permettre aux personnes de ne pas céder à cette peur et de ne pas s’auto-limiter dans leurs droits de militants et de citoyens.

En effet, la machine judiciaire tente de dissuader les individus d'exercer leurs droits les plus élémentaires. Ainsi, certains en viennent à regretter d'avoir déposé une plainte pour coups reçus de la part des forces de l’ordre, parce qu’en retour, les forces de l’ordre s’organisent pour déposer plainte à leur tour contre les plaignants. Et de victimes, les plaignants se retrouvent accusées. Cette violence est encore accrue envers les personnes isolées ou précaires. 

C'est pourquoi il nous semble que la solidarité concrète (physique et financière) doit être mise en place dès qu'une personne est victime de violence policière, judiciaire ou administrative. 

Pour construire cette solidarité nous avons besoin aussi d'argent.
Merci de participer à la lutte à la hauteur de vos possibilités financières du moment.

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